Citations

Pour enrichir cette rubrique, vous pouvez me communiquer par mail les votres, explicitées et comportant le nom de l'auteur.


"I thought what I'd do was, I pretend I was one of those deaf-mutes... or should I?"

"
That's all I do all day. I'd just be the catcher in the rye and all. I know it's crazy, but that's the only thing I'd really like to be."

"Don't ever tell anybody anything. If you do, you start missing everybody."

Salinger, The Catcher in the Rye

dimanche 8 juillet 2007

Trou Normand

Petit interlude.
Face à l'austérité grandissante du site, je crois qu'une petite dose de bonne humeur s'impose.
C'était ça ou Loituma... alors bon.
C'est beau, j'en pleurerai.



jeudi 28 juin 2007

Monokuroomu (Monochrome)

Petit exercice de style, après la critique je m'essaye à la narration.
Ceci n'est qu'un petit essai inachevé sur la neige, d'où le titre "Monochrome" (Monokuroomu) :

Un soupir perce la brume. Il semble se mêler au vent au point de penser que c'est le vent lui-même qui émet ces paroles timides, à peine prononcées, d'un air mélancolique et pourtant exempt de toute forme de tristesse.

« Il neige ... »

La valse des flocons entrainés par le vent semble durer depuis toujours ... et à jamais. Chacun de ces petits points blancs, comme autant d'étoiles scintillantes dans le ciel sans lune de cette nuit d'hiver, donne l'impression de ne jamais vouloir effleurer le sol immaculé. Cela est sans doute du au fait que les flocons disparaissent instantanément au contact de l'eau invisible de la baie mais ils sont aussitôt remplacés dans le ciel par une quantité d'autres petites sphères blanches.

Un voile nocturne vient tout juste de s'abattre sur la ville. Les lumières qui émanent des inombrables fenêtres des gratte-ciel de la skyline complètent l'image de voie lactée que prend le ciel. Les feux de la ville, rouges, verts, oranges, viennent rompre la monochromie du linceul blanc qui recouvre Seattle depuis maintenant trois jours sans interruption.

Une sirène de police retentit au loin. On devine que la voiture se trouve à plusieurs centaines de metres cependant on l'entend distinctement. La nuit est calme. Inhabituellement calme. Avant que le son strident ne se soit entièrement estompé au détour d'une ruelle sombre, la corne de brume du ferry-boat le recouvre brusquement et quand, à son tour, celle-ci se tait, la voiture de police semble avoir disparu.

Zooey est une des seules passagères (déjà peu nombreux il faut l'avouer) à rester sur le pont verglacé, la plupart des gens préfèrant la chaleur douillette qui règne à l'intérieur. Elle observe la nuit, la ville, la neige. Elle observe la ville de nuit sous la neige, accoudée à la rambarde dont elle a balayé l'épaisse couche de neige fraîche qui la recouvrait du revers de la manche de son pardessus noir. Son écharpe, rayée de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, est ballotée par le vent. Zooey l'enroule toujours deux fois autour de son cou et pourtant il reste de chaque côté au moins cinquante centimetres de laine ce qui laisse présager de l'impressionante longueur de l'objet. Avec son bonnet péruvien arborant une multitude de tons de bleu et ses gants bariolés, cette écharpe est le seul vêtement de couleur qu'elle aime porter. Hormis ces petites touches colorées narguant le blanc immaculé de la neige et du ferry et le noir profond de la nuit, une part importante de sa garde-robe est noire, tout comme ses cheveux lisses qui retombent sur ses épaules à la sortie du bonnet. Ne restent alors que ses grands yeux, du plus beau vert qui soit, pour ajouter la touche finale à cette discrète oasis de couleur qu'est Zooey. Elle aime beaucoup l'hiver car, à quelques rares exceptions près, ses seuls vêtements de couleurs sont ses vêtements d'hiver.

Elle semble perdue dans ses pensées, ou plutot perdue dans sa contemplation à vrai dire. Pendant plusieurs minutes, on ne peut pas affirmer qu'elle pense à quoi que ce soit en vérité. Enfin, après cette petite période d'inanité, sa bouche entrouverte laisse échapper quelques mots.

Un soupir, mêlé au vent.

« Il neige ... ».

Tout à coup, et nul ne saurait dire pourquoi, une multitude de pensées saugrenues lui viennent à l'esprit, comme réveillées par cette constatation. Elle se demande quelle pourrait être la réponse obtenue en demandant au premier venu ce que lui inspire ce phénomène météorologique qu'est la chute de neige. Bien entendu, elle ne s'intéresse en rien aux réponses rationalistes : « Ce n'est que de l'eau sous une forme différente ! », ou bien « Il fait froid, c'est l'hiver, quoi de plus normal ? ». Non, ce qu'elle attend c'est une interprétation profonde du phénomène, l'expression d'un sentiment inspiré par la neige. Mais, faute de gens bravant le froid sur le pont du ferry-boat, Zooey décide de faire elle-même ses propres réponses selon différents points de vue. De toutes façon, elle n'aurait jamais osé poser la question à qui que ce soit. Pas par honte. Elle est convaincue de la légitimité d'une telle question. Seulement, elle ne sait pas faire confiance à ce qu'elle aime à appeler « le commun des mortels ». Elle n'a pas peur de paraître stupide ou ridicule mais simplement d'être incomprise. Et sa question du même coup, ce qui lui est encore plus insupportable. Elle-même déplore cette attitude et cet a priori sur les gens. Mais c'est plus fort qu'elle, elle ne peut pas.

Elle imagine alors quelles seraient les réponses des gens s'ils la comprennaient. Il neige... Elle divise d'ores-et-déjà le commun des mortels en plusieurs courants. Pour certains, se dit-elle, un sentiment total de liberté émane symboliquement de cette neige, avant de s'insurger : de liberté ? ... vite dit ! Elle rétablit immédiatement l'équilibre en opposant à cette première catégorie de doux rêveurs un deuxième groupe qui, selon elle, verront plutôt en cette neige ballotée par les éléments l'oppression des plus démunis face au Titan colossal qu'est le vent, David contre Golliath. Il en a toujours été ainsi, l'humanité est partagée en trois groupes : les éternels optimistes, les immuables pessimistes et ceux qui s'en foutent purement et simplement (dans cette dernière catégorie, Zooey range tous ceux qu'elle se dit avoir eu finallement raison de nommer dans leur ensemble le commun des mortels). Le verre est à moitié plein ou bien à moitié vide ? Dans un élan de cynisme désabusé elle déclare que si le verre est plein de neige, alors il ne sera même pas rempli au quart quand cette neige aura fondu.

Voilà où en est sa reflexion à l'instant où elle est subitement interrompue par une voix incongrue. Une voix grave mais douce qui surgit de pardessus son épaule droite.

« Que peut-il bien y avoir de plus mélancolique, de plus tragique et de plus banal et à la fois de plus joyeux et merveilleux ? »

Malgré la surprise intérieure d'une telle irruption vocale dans sa méditation, c'est à peine si Zooey fait mine d'avoir entendu cette question purement rhétorique et qui épouse si bien ses propres pensées. Et pour cause, elle a parfaitement reconnu cette voix si familière et si reconnaissable. C'est celle de son frère jumeaux, Zach. Après quelques secondes de silence, Zooey, bien que soit inutile, offre au vent sa réponse, à valeur d'approbation.

« Rien... Absolument rien d'autre que la neige... »

jeudi 17 mai 2007

60è Festival International du Film de Cannes

Hier s'est ouvert le 60è Festival International du Film de Cannes.


J'invite alors tous les passionés (ou même simples amateurs) de cinéma à laisser leur(s) avis tout au long de cet évènement.

Rendez-vous au terme du festival pour un petit résumé des prix, des films en compétition, etc...



Voila le festival s'est terminé il y a maintenant une semaine et je m'excuse du retard. Voila donc quels ont été les lauréats du festival :


  • La Palme d'Or du Court Métrage : Ver LLover (Voir Pleuvoir) de Elisa Miller, Mexique (mention spéciale adressée à Ah Ma de Anthony Chen et à Run de Mark Albiston)

  • La Caméra d'Or (qui récompense le meilleur premier film) : Meduzot (La Méduse) de Etgar Keret et Shira Geffen, Israël (mention spéciale adressée à Control de Anton Corbijn)



  • Le Prix du Jury (ex-aequo) :
--> Persepolis de Marjan Satrapi et Vincent Paronnaud, France




--> Stellet Licht (Lumière Silencieuse) de Carlos Reygadas, Mexique





  • Le Prix du Scénario : Fatih Akin pour Auf Der Anderen Seite (De l'autre côté), Allemagne




  • Le Prix de la Mise en Scène : Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel, France




  • Le Prix d'Interprétation Masculine : Konstantin Lavronenko pour Izgnanie (Le Bannissement), Russie




  • Le Prix d'Interprétation Féminine : Jeon Do Yeon pour Secret Sunshine, Corée du Sud




  • Le Grand Prix : Mogari No Mori (La Forêt de Mogari) de Naomi Kawase, Japon




  • Le Prix du 60è Festival : Paranoid Park de Gus Van Sant, Etats-Unis




  • La Palme d'Or : 4 Luni, 3 Saptamini Si 2 Zile (4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours) de Cristian Mungiu, Roumanie




N'hésitez pas à rajouter vos propres commentaires sur ces films, ces acteurs ou ces réalisateurs ou même sur Cannes en général.

vendredi 4 mai 2007

Mad Dog and Glory


Vous qui me lisez :

Bon je sens déjà que ne me liront que ceux qui ont un brin de curiosité (oui, juste un brin, personne ne songerai à avoir un palmier ou un baobab de curiosité ça serait too much), ceux qui ne comprenne pas l'anglais et bien sur ceux qui ne lisent jamais le titre de l'article (ou n'y prettent pas attention) se disant que de toute manière celui-ci ne constitue qu'un médiocre résumé du contenu de l'article en question.

Quoique cette 3è catégorie n'a pas forcément lieu d'être, pouvant être dispachée entre les deux autres : ceux qui ne lisent pas les titres en anglais car il ne les comprennent pas d'une part, et d'autre part ceux dont la non-lecture du titre pour les raisons citées plus haut traduit une certaine curiosité inhérente à leur désir qu'on ne leur révèle rien d'un coup et leur souhait de cueillir les informations au compte-goutte selon le fil de la lecture.

A ce stade, l'ajout d'une nouvelle catégorie est alors envisageable : ceux qui en ont marre que je tergiverse sur la psychologie de mes lecteurs adorés (ces touristes bien gras ^^) au lieu de parler du sujet qui les (qui NOUS !) préoccupe : le film.




Enfin ça commence :

Mad Dog and Glory donc. Ceux qui auront fui auront sans doute cru, à tort, qu'il s'agissait là de la triste histoire d'un chien un peu fou que l'on propulse au sommet de la gloire du jour au lendemain et qui vit très mal cette célébrité non-souhaitée. Rien de tout cela en fait : pas de chien, pas de paillettes, pas de gloire. Un grain de folie certes mais dans un film à la fois sombre et pourtant si léger. Si léger et pourtant si complexe.

Petit résumé :

Mad Dog and Glory c'est 3 personnages principaux, 2 personnages secondaires, 3 personnages "tertiaires" et des figurants. Plus simple tu meurs. Une histoire qui l'est tout autant d'ailleurs.
  • Chicago, début des années 90. Wayne (Robert de Niro ), flic trouillard - ce qui lui a valu le surnom de Mad Dog "chien fou" - sauve la vie de Frank (Bill Murray ), propriétaire de cabaret et homme d'affaires louche(s) très attentif aux conseils de son (sa ?) psychothérapeute. Frank, particulièrement ému par l'abnégation de Wayne (si vous n'avez jamais vu Bill Murray jouer un type ému, pour vous donner une idée ça ressemble à ... euh ... à Bill Murray en fait), lui envoie en remerciement un petit cadeau : Uma Thurman !!! ... oups pardon non, il lui envoie Glory, serveuse qui a un problème avec les cafetières et dont le frère a eu des problèmes avec Frank donc fatalement elle a un problème avec Frank, tout en restant tout de même une belle blonde.

  • Là encore, on ne peut pas parler d'une complexité scénaristique extrème vous en conviendrez. Passons alors aux personnages secondaires. Au nombre de deux, ils représentent respectivement la violence physique complémentaire à nos deux amis Wayne et Frank. Wayne est le flic trouillard par excellence (celà dit c'est un bon flic quand même hein ? ça n'a rien à voir...), Mike "Flingueur" (David Caruso qui penchait déjà à l'époque en 1992) son coéquipier sans peurs et sans reproches. Il le dit lui-même à Wayne, installé au comptoir du bar (lieu récurent pour un flic qui déprime dans un film) : "Tu es prudent, je fonce sans réfléchir. C'est pour ça qu'on forme une bonne équipe Wayne : tu es la tête qui pense, je suis le bras qui cogne."

  • A l'autre bout du comptoir, Harold (Mike Starr ), homme à tout faire de Frank, c'est-à-dire celui qui, à l'occasion en cas de besoin, distribue des baffes par procuration de la part de ce dernier, avec les remerciements de la maison.

  • Jusque la vous me suivez ? Attention, si vous avez eu du mal jusqu'ici, inutile d'aller plus loin, l'entrée en scène des personnages "tertiaires" complique de manière impressionante le déroulement de l'histoire. On n'y comprend plus rien du tout ! (comment ça ? sarcastique ? moi ?). J'avoue, les scénaristes se devaient de rajouter du contenu alors bon, ça se traduit par une voisine prénomée Lee (Kathy Baker ), battue par son mari (on sait pas trop en fait si c'est son mari ...). Wayne qui est maintenant devenu courageux vole a son secours et se retrouve devant une montagne de ... graisse, osons le mot. Mais pour lui montagne de graisse ou de muscle de toute manière face à la colline d'os qu'il est ça peut le transformer en tas de sable. Notre (anti-)héros ne se démonte pas pour autant et brandit sa carte de flic sauf que la, admirable coup de notre montagne chauve et moustachue qui sort la sienne se fendant à peine d'un froid "Je suis d'la maison, connard !" (Patrick Bruel eut été impressioné, on l'aurait presque entendu commenté "Ah pas d'bol ça, exactement le coup du Bellagio en 87, Wayne a voulu suivre, pensant qu'il avait l'ascendant psychologique, mais Jean-Michel moustache bluffait pas !"). Bon mais comme une histoire tertiaire faisant intervenir des personnages tertiaires ne peut durer la moitié du film, Mike se charge de faire détaller Jean-Michel Moustache la queue entre les pattes sans même qu'il y ait eut confrontation (vous saurez bientot pourquoi).
  • J'oubliais, j'avais dit qu'il y avait 3 personnages tertiaires et je n'en cite que 2. Honte à moi. En fait le 3è est invisible, on en entend juste parler. Il s'agit du frère de Glory. Celui-ci ayant eu de petits problèmes avec les forces de l'ordre, il a du emprunter le montant de sa caution or souvenez vous, Frank est prêteur sur gages à ses heures. Le malheureux frangin n'a jamais pu rembourser Frank et a même tenter de se suicider. Depuis c'est Glory qui rembourse sa dette en travaillant pour Frank qui l'envoie en "cadeau" pour une semaine a ses "amis".


...

Si vous avez du mal à suivre :

Si vous avez du mal à suivre ET du mal à lire le contenu de mon superbe schéma récapitulatif (ce qui ne plaide pas en votre faveur : débile ET bigleux - pardonnez mon vocabuaire de djeunss) vous pouvez cliquer sur l'image et vous l'aurez en grand 1280 x 1024. Enjoy !

Quelques infos sur le film :

Mad Dog an Glory (titre original Mad Dog and Glory), USA 1992, durée : 1h40, réalisé par : John McNaughton, scénario : Richard Price, produit par : Barbara de Fina & Martin Scorsese, producteur executif : Richard Price, production : Universal Pictures, distribué par : United International Picture (UIP).
Avec : Robert de Niro (Wayne "Mad Dog" Dobie), Bill Murray (Frank Milo), Uma Thurman (Glory), David Caruso (Mike "Flingueur"), Mike Starr (Harold), Kathy Baker (Lee), Tom Towles (Andrew), Richard Belzer (MC / Comic).





To be continued ...

jeudi 3 mai 2007

Chewb's is open !!!

Bien le bonjour cher visiteur, ami, touriste ou toute personne souhaitant briller en société par les commentaires et critiques qu'il aura puisé ici.

Ici c'est pas compliqué, on parle de films, de musique, de livres et autres arts en tout genre suivant mes envies.





Eh oui, ici, c'est moi le boss et je refrenne mes pulsions totalitaristes en les appliquant à l'unique sentiment de propriété intellectuelle que peut procurer la création des articles qui suivront, issus en intégralité des fluctuations de mon esprit torturé.
Bien sur, comme tout dictateur de ce nom, je me dois de donner l'illusion d'une démocratie et d'apporter le sentiment que je suis à l'écoute. C'est pourquoi libre a vous de commenter voir (si cela est jugé nécessaire, j'en douterai fort) de critiquer mes propres dires. Libre à moi ensuite de ne jamais en tenir compte bien entendu.




Bref ayez peur, certes, mais que cela ne vous empêche en rien d'appréhender le contenu hautement culturel de ce "blog" comme disent les jeunes de nos jours.







Cela dit et pour conclure, jme la petterai moins dans la suite du blog. Sur ce bonne visite.